[PRODUCTION] LE SECTEUR HLM MOBILISÉ POUR CONTINUER À PRODUIRE

Publie le 10 juillet 2026

Dans un contexte de crise du logement, la capacité collective à maintenir, orienter et renforcer la production de logements sociaux constitue un enjeu toujours plus important pour les Hauts-de-France. Hausse des coûts, tension foncière, fragilisation des équilibres d’opérations, évolution des besoins des ménages, concurrence entre usages du sol : les organismes Hlm sont confrontés à des contraintes croissantes, alors même que les besoins en logements abordables restent particulièrement importants.

Face à cette situation, l’URH Hauts-de-France poursuit ses travaux afin de mieux objectiver les besoins, cibler les territoires prioritaires et porter, auprès des partenaires régionaux et locaux, les conditions nécessaires à la relance et à la pérennisation de la production sociale.

Objectiver les besoins pour mieux orienter l’action

Puisque la production de logements sociaux ne peut être pensée de manière uniforme, l’URH a engagé plusieurs chantiers complémentaires.

Le réseau régional sur la relance du logement social du 17 mars a permis de partager une première lecture des enjeux de production, dans un contexte où les bailleurs sociaux doivent à la fois répondre à l’urgence des besoins et préserver la soutenabilité économique des opérations.

Cette dynamique s’est poursuivie le 11 juin, à Arras, dans le cadre de la Journée nationale du Logement social, organisée par l’Union Sociale pour l’Habitat en lien avec l’URH Hauts-de-France et le Réseau des acteurs de l’habitat, autour du thème « Construire l’avenir, dialogue avec les nouveaux maires sur le logement social« .

Retrouvez notre article sur l’événement : https://www.unionhabitat-hautsdefrance.org/2026/07/journee-nationale-du-logement-social-le-secteur-hlm-expose-ses-defis-majeurs-aux-elus/

À cette occasion, Marie Cornillon, Directrice de la SIGH et titulaire de la mission déléguée « Relance de la production », est intervenue lors de la table ronde « Louer et vendre en accession sociale à la propriété pour répondre aux besoins locaux« . Son intervention a permis de mettre en avant plusieurs leviers identifiés en Hauts-de-France pour poursuivre cette relance : la diversification de l’offre, l’articulation entre locatif social, logement intermédiaire et accession sociale ainsi que la nécessité de mieux adapter les outils de production aux réalités des territoires.

Le zonage, un levier central pour la production

Parmi les sujets prioritaires, la question des zonages 123 et ABC occupe une place centrale. Ces zonages réglementaires conditionnent de nombreux paramètres : plafonds de loyers, conditions de financement, possibilité de mobiliser certains produits, équilibre économique des opérations, capacité à développer du logement locatif social, intermédiaire ou de l’accession sociale.

Les situations locales peuvent faire apparaître des décalages entre le classement réglementaire d’un territoire et la réalité de son marché. Ces écarts peuvent fragiliser la capacité des organismes à produire, notamment dans des secteurs où les coûts fonciers et immobiliers sont élevés, sans que les paramètres de financement ne permettent toujours d’absorber ces contraintes.

Pour mieux documenter ces enjeux, l’URH a publié une plaquette dédiée au zonage, destinée à rendre plus lisibles les différents classements, leurs effets concrets et les évolutions récentes. Ce travail s’inscrit dans une démarche plus large de pédagogie et de plaidoyer, afin de partager une culture commune entre bailleurs, collectivités et services de l’État.

Retrouvez ici notre plaquette dédiée au zonage

L’URH anime également un groupe de travail régional dédié aux effets des écarts entre le zonage 123 et le zonage ABC sur des opérations types. Il vise à croiser les retours des organismes, les données disponibles et les réalités opérationnelles, afin d’identifier plus précisément les territoires où une meilleure adéquation entre règles nationales et besoins locaux apparaît nécessaire.

Donner les moyens de produire

Au-delà de l’identification des besoins, l’enjeu est bien de se donner la capacité de faire et de donner aux organismes les moyens de produire. Cela implique de travailler sur l’ensemble des leviers qui conditionnent la faisabilité des opérations : foncier, règles d’urbanisme, niveaux de loyers, aides à la pierre, marges locales, conditions de financement, articulation entre produits, acceptabilité locale et partenariat avec les collectivités.

Les échanges engagés avec les partenaires régionaux s’inscrivent dans cette logique, et sur cette année 2026, ces échanges ont été particulièrement riches. L’URH porte auprès de l’État, des délégataires des aides à la pierre, des collectivités et des partenaires financiers les éléments issus des travaux conduits avec les organismes. L’objectif est de faire reconnaître les contraintes rencontrées sur le terrain, mais aussi d’identifier les ajustements possibles pour maintenir une capacité de production dans les secteurs prioritaires.

Ces échanges sont d’autant plus nécessaires que la pérennisation de la relance de la production ne relève pas uniquement des organismes Hlm. Elle suppose un alignement des outils, des stratégies foncières, des documents de planification, des dispositifs d’aide et des objectifs territoriaux.

Des dynamiques territoriales spécifiques à prendre en compte

L’URH poursuit également l’animation de démarches territoriales, notamment à travers les webinaires et temps d’échanges organisés avec les bailleurs sociaux et les partenaires locaux. Ces séquences permettent de partager les données de programmation pour la sécuriser, de faire remonter les difficultés rencontrées, d’identifier les opérations en cours ou à venir, et de consolider une lecture commune des priorités.

Cet espace de dialogue entre les organismes Hlm reste essentiel, dans un contexte où la coordination inter bailleurs reste déterminante pour porter une parole commune. Nous souhaitons aujourd’hui aller plus loin et initier, autant que possible, des espaces de dialogue interacteur. Sous différentes formes, ces rencontres, comités, ou groupes de travail ont pour objectif de renforcer la coordination, de mieux comprendre les freins spécifiques à certains territoires, d’objectiver les besoins auprès des partenaires et de renforcer la capacité collective à agir.

Des perspectives de travail pour les prochains mois

Les travaux engagés par l’URH ont vocation à se poursuivre dans les prochains mois autour de plusieurs priorités : approfondir l’analyse des territoires en tension, consolider les échanges autour du zonage, renforcer le suivi de la programmation, objectiver les marges de faisabilité des opérations et poursuivre le dialogue avec les partenaires institutionnels et financiers. C’est aussi, dans la continuité de nos travaux sur les zonages et les marchés, des travaux techniques à 360° intégrant le Logement Locatif Intermédiaire (LLI) et le Bail Réel Solidaire (BRS).

L’enjeu est clair, il faut pour cette année 2026, après une année de programmation 2025 historique, garantir la capacité du mouvement Hlm à produire une offre abordable, adaptée aux besoins des ménages et cohérente avec les réalités des territoires.

Dans un contexte où la crise du logement fragilise les parcours résidentiels et l’attractivité de nombreux bassins de vie, produire là où les besoins sont les plus forts constitue une priorité collective pour les années à venir.

Contact : Mattéo RAMOS, Chargé de missions Développement de l’Offre et Stratégie Foncière – m.ramos@union-habitat.org