Lancée en novembre 2025, la mission d’AMO pour l’élaboration d’un Plan régional de la transition environnementale du parc de logements spécifiques nous délivre actuellement ses premières conclusions. Cette mission, confiée à un consortium de bureaux d’études, emmenés par Pouget Consultants, permet déjà de produire des enseignements.
L’Habitat Spécifique recouvre une grande diversité d’habitats : dispositifs d’hébergement, logements accompagnés, structures sanitaires et médico-sociales, résidences étudiantes, résidences autonomie pour personnes âgées… L’Habitat
Spécifique se distingue du logement social familial « classique » car il s’agit pour les bailleurs sociaux de déléguer la gestion de ces logements à des tiers (associations diverses, CCAS…) capables de fournir des services complémentaires au logement (ex : prestations hôtelières, présence de nuit, accompagnement individualisé…).
Le travail de consolidation et de fiabilisation des données, réalisé par l’URH et les organismes Hlm de la région, a permis d’identifier 818 établissements et 40 131 places d’Habitat Spécifique dans la région. Avant le lancement de ces travaux, l’URH et ses partenaires n’avaient pas de connaissances fiables sur la thématique. Ces données sont donc essentielles pour nourrir les stratégies des organismes sur ce sujet.
Ainsi, on dénombre :
20 990 places dans les ESMS – établissements médico-sociaux – qu’ils soient médicalisés ou non (EPHAD, résidences autonomies, maisons d’accueil spécialisées, etc.) ;
8 063 places en résidences étudiantes ;
7 757 places en logements accompagnés (Résidences sociales, foyers de jeunes travailleurs, pensions de famille) ;
3 321 places en hébergement (Centre d’Hébergement et de Réinsertion Sociale, Centre d’Accueil pour Demandeurs d’Asile etc.).
Autre enseignement de la 1ère phase de l’étude : le parc d’habitat spécifique n’est pas particulièrement énergivore si on le compare au parc de logements sociaux classiques dits « familiaux ». Et c’est sûrement en raison de l’âge moyen de ce parc puisqu’il date en moyenne de 2002 (date de construction).
Ainsi la part de l’Habitat Spécifique en étiquette EFG est de 24% (contre 25% pour le parc de LLS de la région).

Néanmoins, quelques nuances sont à apporter si l’on observe la donnée plus finement par grandes catégories d’habitat spécifique. Ainsi, le parc de logements accompagnés, plus ancien, comporte plus de passoires thermiques que le reste du parc d’Habitat Spécifique tandis que le parc d’établissements médico-sociaux médicalisés fait partie des Habitats Spécifiques les moins énergivores.

L’étude entre maintenant dans sa 3ème phase, celle de la co-construction d’une feuille de route. Celle-ci doit conduire les organismes Hlm, sur la base d’une bonne connaissance de leur parc, à nourrir leur stratégie individuelle de réhabilitation des résidences les plus énergivores.
Et parce que ce sujet est éminemment partenarial, l’URH et le groupement de bureaux d’études s’appuient sur l’ensemble des parties prenantes (bailleurs, têtes de réseaux des gestionnaires, partenaires, financeurs) pour établir un plan d’action régional réaliste.
Pour aller plus loin : retrouvez ici la trajectoire régionale de décarbonation du parc social « familial » déjà conduite par l’URH en 2024 : https://www.unionhabitat-hautsdefrance.org/wp-content/uploads/2024/12/Plaquette-Trajectoire-bas-carbone.pdf
Contact : Marie GENIN – Chargée de mission Habitat spécifique – m.genin@union-habitat.org