[CECIM 2021] Marché de l’immobilier en berne en 2020 & fortes inquiétudes de la profession en région Hauts-de-France

L’édition du CECIM 2021 s’est tenue ce mardi 16 mars de 11h00 à 12h00 sur la base d’un nouveau format « Conférence live » adapté aux contraintes sanitaires.

Comme chaque année, le programme a permis de donner la parole aux membres du CECIM, à la FPI, à l’Union Régionale pour l’Habitat Hauts-de-France, à la Chambre interdépartementale des notaires Nord-Pas-de-Calais et enfin à la FNAIM.

En synthèse

La présentation des chiffres 2020 par le CECIM fait état :

  • d’un recul significatif du nombre de réservations et des ventes en bloc (-36%)
  • de l’augmentation de la part d’investisseurs (+ d’un acquéreur sur 2 est un investisseur)
  • de l’augmentation du délai d’écoulement passant de 12 à 18 mois
  • d’une hausse significatives des prix

Ces tendances se renforcent d’autant plus sur les zones métropolitaines (Amiens et Lille). Néanmoins, la Région Hauts-de-France laisse apparaitre des baisses relativement moins importantes qu’au niveau national. Si l’effondrement du marché immobilier pressenti ne s’est pas produit sur nos territoires, les tendances à la baisse n’en demeurent pas moins très préoccupantes.

Les chiffres à retenir :

  • 40 000 ventes « perdues »
  • 14 000 logements non produits
  • 21,5% de permis de construire déposés
  • 16% de mises en chantier

L’activité du logement social 2020

  • Malgré la crise, les bailleurs ont maintenu les dynamiques de regroupements afin de répondre au calendrier de la loi ELAN
  • Les chiffres 2020 démontrent l‘impact positif des mesures de simplification d’instruction, avec un nombre d’agréments légèrement à la hausse par rapport à 2019
  • Néanmoins, les dynamiques sont très différentes d’un territoire à l’autre et la tension s’est fortement accrue sur la zone métropolitaine.

Mais dans un contexte où France Relance occulte le soutien à la production de logement, il parait impératif de :


« Transformer l’essai«  et traduire en ordres de service les opérations financées en 2021 : enjeu d’une mobilisation de toute la chaîne des acteurs pour accélérer la mise en œuvre des projets.


Recréer les termes d’un COMPROMIS entre l’urgence à construire et « l’acceptabilité citoyenne et politique » des programmes de construction 


Faciliter l’accès au foncier, simplifier les procédures d’élaboration et d’instruction des projets pour ÊTRE A LA HAUTEUR DES BESOINS SUR LES TERRITOIRES


POUR ALLER JUSQU’AU BOUT DES AMBITIONS DE L’ANRU en région, mobiliser les 2 milliards d’euros supplémentaires accordés à l’ANRU


Règlementation environnementale 2020 : prendre en compte les contraintes POUR NE PAS CRÉER DE RUPTURE DANS LA DYNAMIQUE RÉGIONALE DE LA CONSTRUCTION : « le mieux peut être l’ennemi du bien« .


Ne pas opposer les dispositifs d’ACCESSION SOCIALE (BRS, PSLA…) mais travailler sur leurs complémentarités.


Engager une réflexion sur le LOGEMENT DE DEMAIN dans un contexte du zéro artificialisation nette.

Quelles sont les perspectives et les risques identifiés pour le marché en 2021 ?

L’ensemble des acteurs interviewés sont unanimes : il y a quelques bonnes nouvelles (maintien des dispositifs fiscaux et bancaires incitatifs, taux d’emprunts exceptionnellement bas …), mais la liste des freins reste beaucoup trop longue pour rassurer la profession.

  • Des stocks insuffisants pour maintenir une dynamique saine de marché
  • Des coûts de construction qui ne font qu’augmenter
  • Des perspectives réglementaires (règlementation environnementale 2020, documents d’urbanismes…) qui renforcent encore le niveau de contrainte des constructeurs
  • Une opposition citoyenne et politique à la construction en milieu urbain difficile à gérer dans un contexte de raréfaction de la ressource foncière
  • Une baisse du nombre d’acquéreurs à venir suite à l’impact économique de la crise sur le budget des ménages.

L’avis est unanime : si l’affrontement de ces difficultés ne fait pas l’objet d’une mobilisation forte de toutes les parties prenantes de l’acte de construire (assouplissement réglementaire, libération de foncier , amélioration de l’acceptabilité…), l’impact sur le marché régional sera catastrophique notamment sur les zones les plus tendues (épuisements des stocks, flambée des prix…).

A contrario, le marché de l’ancien parait très résilient comparativement au neuf

  • S’explique par les taux d’intérêts très bas.
  • Néanmoins, le logement ancien fait l’objet d’une augmentation importante des prix notamment dans les zones périurbaines.
  • Si ces chiffres démontrent le maintien d’un appétit pour l’immobilier, la diminution du stock reste une inquiétude forte.

Par ailleurs, la FNAIM évoque une aggravation de la pénurie de l’offre locative privée, l’offre restant très insuffisante pour répondre à la demande.

Pour en savoir plus :

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